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Pour l’écrivain, la morale, le sujet sont seconds. Prime l’impératif d’écrire. La morale qu’il n’avait pas au départ, écrire l’exige de lui. C’est justement la bonne. S’il arrive à écrire juste, c’est qu’il est parvenu à penser bien. Cette évolution, qui veut que la morale soit discrète au départ, veut aussi qu’on ne l’ait pas chassée à un moment donné. Il serait probable alors qu’on ne la revît plus. C’est le mal des formalistes : ils ne se contentent pas d’écrire sans souci moral, ils décident que l’écriture ne saurait rencontrer la morale. Les énoncés moraux qui, s’ils n’avaient affecté le pli de les réprimer, viendraient, la maturité venue, naturellement sous leur plume, restent virtuels. On voit des sexagénaires jouant, comme des bambins de moins d’un an, dans leur parc.

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