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Prophète et roi d’Israël épinglé (II : 39) avec son fils Salomon comme tutoyeurs d’Élohim. Le lecteur de Lautréamont avait déjà croisé David, dans un rôle de jeunesse, au Chant II, strophe 6 ; Maldoror s’y entretient, sur un banc du jardin des Tuileries, avec un petit garçon dont il prend en main la formation ; écoutons-le :

Lorsque le berger David atteignait au front le géant Goliath d’une pierre lancée par la fronde, est-ce qu’il n’est pas admirable de remarquer que c’est seulement par la ruse que David a vaincu son adversaire, et que si, au contraire, ils s’étaient pris à bras-le-corps, le géant l’aurait écrasé comme une mouche ?

Seule évocation explicite, dans tout le corpus ducassien, d’un épisode circonstancié du vieux Testament, cet exemple témoigne que Ducasse prise tout spécialement les tactiques rusées, comme celle de Jacob exploitant la gourmandise primaire de son frère Ésaü pour lui rafler son droit d’aînesse, les tours du petit Joseph envers ses frères, etc. Mais la fronde, arme de main élue au profil du tracé parabolique qu’elle commande, est certes le détail qui vaut au jeune David la sympathie du poète. Parole de grand-duc de Virginie ! cette relation n’est-elle pas aussi belle qu’un mémoire sur la courbe que décrit un chien en courant après son maître? – Maître allemand, puisque c’est la langue des dresseurs de chiens : plutôt qu’une réminiscence biblique immédiate, on peut lire en effet (II : 39) le surgissement du couple royal (Salomon, David) comme un écho de *Klopstock, harponné quatre alinéas plus tôt (II : 35) ; Klopstock avait en effet fait représenter en 1764 et 1772 un couple de tragédies aux titres propres à vendre un aliment sale au monde avide, respectivement : Salomon, David.

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