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Paris 1823 – Menton 7/4/1893. Second des trois enfants du banquier Joseph Darasse, « il fut employé aux affaires étrangères successivement à Calcutta, Varsovie, en Bolivie, à Saint-Domingue, Larnaca, Séville, Rotterdam, comme chancelier puis comme consul – mais il demanda sa disponibilité en avril 1867 pour raisons de famille : il s’apprêtait à seconder son père, qui venait d’avoir 74 ans, à la direction de la banque » (J.-J. Lefrère, Isidore Ducasse, p. 319). Des trois destinataires envisagés pour les lettres d’Isidore Ducasse adressées au 5 rue de Lille (Joseph Darasse, Paul Darasse, Raymond Dosseur), Paul est le plus vraisemblable ; en effet, les deux lettres en question semblent viser un homme aussi sensible aux lettres, et peut-être davantage, qu’à la banque. Telle est justement la particularité de Paul Darasse, dont on connaît au moins deux publications : un recueil de vers, Læta Mœsta (Librairie du XIXe siècle, Paris 1873) et son Journal humoristique d’un voyage de Paris à Chuquisaca (Glady frères, 1875). Il les avait soumises à Ernest *Havet, dont on a retrouvé deux réponses à l’auteur ; la seconde (du 8/1/1875) commence ainsi : « Je ne sais, Monsieur, si vous avez à vous plaindre autant que vous le dites de la fortune de vos petits livres, mais je serais étonné que celui-ci ne réussisse pas. » Si l’on compte qu’ainsi pris pour mentor, l’éminent commentateur de Pascal dicta, sans nul doute, au banquier-consul aux initiales dangereuses sa lecture des Pensées, on tiendra que le pascalisme de Darasse fils ne peut manquer d’être flagrant pour le vrai pascalien qui l’a toisé une fois. Ducasse est celui-là ; ainsi le « au reste je suis chez moi à toute heure du jour » doit se lire comme un discret rappel de ce trait commun : la sagesse comme art de garder la chambre – et non point, comme le signifia un plaisantin, en plagiat de la phrase de Dumas père « Je serai toute la journée à la maison » concluant telle lettre (du reste alors encore inédite) à Paul Bocage de 1854.

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