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Bordeaux 3/10/1842 – 31/10/1916

Polygraphe issu d’une famille juive portugaise, cet auteur prolifique (sa bibliographie compte plus de cent titres) dirigea de 1867 à 1890 les Concours poétiques de Bordeaux où parut incognito – le texte est attribué à M. *** (Seine) – la deuxième édition du premier Chant de Maldoror. C’est, pense-t-on, suite à l’« appel aux poètes » que Carrance avait fait paraître le 1er septembre 1868 dans La Revue populaire de Paris que Ducasse lui en fit tenir le manuscrit, ou, plus vraisemblablement, la version imprimée chez Balitout dûment corrigée ; les textes devaient être communiqués entre le 15 août et le 1er décembre. Muni de la mention « très honorable », le Chant premier parut en janvier 1869 avec les autres textes  » lauréats  » dans la deuxième livraison de la série de « Littérature contemporaine » intitulée Parfums de l’âme (pp. 30 à 65) ; c’est le seul texte en prose et le plus long du volume – partant aussi le plus rémunérateur pour Carrance (on a calculé qu’à 10 c. la ligne, cette publication avait dû coûter 117 F. à Ducasse) : ces prétendus Concours, habile mascarade de publication à compte d’auteur, devaient en 1881 s’attirer une diatribe de Max *Waller. Dans cette deuxième édition, on relève comme seule différence avec l’originale que la lettre D… remplace le nom de Dazet et que les  » 3 fautes d’imprimerie  » relevées dans la lettre à Hugo sont corrigées ainsi que quelques autres. Carrance, à la 4e page de couverture du volume d’anthologie Fleurs et Fruits (janvier 1870) mentionnera, parmi les publications nouvelles, « Les Chants de Maldoror par le comte de Lautréamont » – tandis que celle de Poésies II signalera en retour les « Concours poétiques de Bordeaux de M. Évariste Carrance ». On n’a aucune trace ultérieure de cette fugitive connexion Ducasse-Carrance.

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