Étiquettes

, , ,

Technique centrale du tir au billard. Il s’agit d’atteindre le couple ciblé, soit directement, soit par la bande. Un tir indirect peut être du premier degré, du second, du troisième ou plus. Le carambolage est ainsi à la science des professeurs de billard ce que la théorie des équations est à l’algèbre polynomiale : son fondement. Dans ses Poésies, Isidore Ducasse se plaît à cet exercice où, opérant apparemment l’éloge (respectivement la défenestration) d’un auteur, le joueur déclenche en fait une attaque (respectivement un éloge) indirect(e) envers un autre, et/ou un éloge (respectivement une défenestration) visant un troisième, etc. Le recours aux principes de ce jeu est, ne le nions pas, au départ d’une certaine complication de l’art du tir au littérateur (cas charnel, le plus compréhensible pour les amateurs de personnalité, du tir au concept : toujours personnaliser l’attaque, de qui était ce principe de guerre, déjà?), et conséquemment de l’art de la lecture, qui devient difficile aux yeux du lecteur qui, juste sorti d’école primaire, ne conçoit encore que des tirs directs, tels les coups de massue de Victor *Hugo contre Louis-Napoléon, et qui ne voit d’abord pas où l’on veut le mener, ni surtout pourquoi tant d’art alambiqué. Mais, n’y aurait-il pas de l’impertinence à supposer moins d’intelligence virtuelle chez le *lecteur de la poésie, que, par exemple, chez l’amateur de billard, ou chez un élève de mathélem ? Or rien, pour une intelligence vive et avide, n’est simple qui ne doive, en temps opportun, être complexifié. Tout lui est leçon, les gestes de la limace comme ceux du billardiste, les coups de boule comme les coups de scalpel, sans compter que le billard, au point de vue de la chirurgie – qui, heureusement, a aussi ses professeurs – permet d’anatomiser ou d’opérer ce qui doit l’être dans les meilleures conditions, de sorte que le sang épanché s’écoule, par la bande, vite, mais sans laisser de bruit écumeux. (® La Calprenède par exemple).

Advertisements