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Tinchebray 1896 – Paris 1966.

Chef du mouvement surréaliste, il le plaça dès l’origine sous le triple signe de Lautréamont, de Freud et de Jacques Vaché (tous trois réticents, pour des raisons diverses, à confirmer leur responsabilité dans cette paternité). Breton lut d’abord les Chants de Maldoror, que lui fit découvrir Soupault en 1918, puis les Poésies dont un numéro de La Plume leur avait appris l’existence et qu’il alla copier en avril 1919 sur l’exemplaire unique de la BN. C’est à Breton surtout, à l’inflexibilité qu’il mit à affirmer l’autorité de Lautréamont au niveau ou au-dessus des plus grandes, qu’on dut de voir son œuvre haussée au rang des livres du premier rayon. Cela ne pouvait aller sans quelque accaparation. Breton, bien qu’au reste il sympathisât avec les « fous » bien davantage qu’avec les psychiatres, écarta d’emblée l’hypothèse idiote de la folie du poète dont il écrit que nul, au fond, n’observa plus de mesure que lui dans son langage (Les Pas perdus). Il le commenta peu, sinon incidemment ; ainsi, à l’occasion des piteuses divagations camusiennes de l’article Lautréamont et la banalité, paru dans les Cahiers du Sud (1er semestre 1951) avant d’être intégré à l’Homme révolté lequel valut à Camus, cible facile, la réponse un peu cinglante (mais, elle aurait pu l’être bien davantage) de Sucre jaune (Arts N° 238, 12 octobre 1951, repris dans La Clé des champs).

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