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Pauvre pour Baudelaire qui, à Bruxelles, rôda, lanterna, pesta, ratura et critiqua avant de perdre à Namur la motilité, ce petit pays est (dit Lassalle) un Klondyke pour Ducasse et les ducassiens. « Ducasse » ne désigne-t-il pas en Wallonie une fête de village? C’est à Bruxelles, boulevard de Warteloo 42, que furent imprimés les Chants de Maldoror, que leur manuscrit s’égara, et que s’entrefilèrent les nœuds du mystère de son occultation dans (peut-être) la malle de Lacroix avant qu’icelle se perde. C’est à Ixelles, rue Mercelis, que loge Malassis lorsque, exilé de son fait, il échange trois lettres avec Isidore Ducasse et publie dans ses comptes-rendus d’ouvrages interdits en France une note sur ce livre; le patronyme de l’auteur s’y exhibant pour la première fois d’une plume autorisée. C’est à Bruxelles qu’en 1874 le libraire Rozez en assemble quelques exemplaires dont il laisse un à Waller. C’est à Bruxelles qu’oyant lire une page de ce livre au café Sesino Gilkin s’éprend. C’est de Bruxelles que partent vers Bloy et Huysmans les lettres avertisseuses des Jeunes Belges. Enfin c’est à Saint-Gilles lez Bruxelles que se formèrent les premières phrases rameutées depuis dans le dictionnaire du Cacique.

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