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1884-1962. Premier philosophe ayant consacré un livre à Lautréamont. Son œuvre se partage entre des études épistémologiques et des essais sur les éléments, en marge desquels ce livre est composé. Autodidacte, licencié en mathématiques, professeur de physique avant d’enseigner la philosophie en Sorbonne, Bachelard resta toute sa vie un grand lecteur de poésie. Son Lautréamont (1939) insiste sur l’importance des valeurs agressives et énergétiques chez ce poète de la performance et du sarcasme, de la griffe et du croc, « des muscles et du cri » ; il les oppose aux valeurs déficientes illustrées par le scarabée empêtré de Kafka : deux conceptions de la métamorphose. Un chapitre est dédié au bestiaire des Chants de Maldoror (185 noms d’animaux selon Bachelard). André *Breton, dans une lettre, juge ce Lautréamont « une saloperie »; c’est que pour lui l’heure d’ouvrir les haricots sauteurs n’a pas encore sonné. Mais cette analyse – qu’il l’ait jugée prématurée ou portant sur l’intouchable – ne porta pas Breton à lever la lance contre Bachelard (Breton réserva ses piques au dragon mou de la bêtise, à Camus, cible facile).

 

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