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Devant Maldoror, individu d’un âge indéterminé (ici c’est un homme de trente ans, là un contemporain des premières générations de notre globe suspendu), la plupart des personnages des Chants sont des adolescents. Simple dédicataire plutôt que personnage, cet idéal, soit que l’auteur évite de le nommer (I, 6) ; (II, 4 et 7) ; (III, 5) ; soit qu’il s’agisse de Maldoror en personne (II, 8) ; soit qu’il l’apostrophe d’un patronyme trop réel (*Dazet), soit qu’il le décore de noms de fantaisie (*Léman, *Lohengrin, *Lombano, *Holzer, *Mario, *Falmer, *Elsseneur et *Reginald, et bien sûr *Mervyn – *Tremdall n’étant pas un personnage actif, mais un simple rapporteur sportif), cet idéal, dis-je, n’est que le produit résultant de la rencontre de deux données : une projection en mirage (issue de la cervelle de l’auteur, temporairement confronté à la méconnaissance de sa propre image) ; et une réalité rétive, dont Georges Dazet est l’unique répondant certain (*Gomiécourt reste au moins douteux). L’intrusion du biographique (Ô Dazet!), suivie de sa visible élision (D.), puis de sa métamorphose rhétorique (poulpe, crapaud, etc.), avant que les noms propres ne reviennent, en juste lieu, dûment listés au frontispice de Poésies I sous le régime de la dédicace, ont pour pendant la suite des variations de la signature de l’auteur, les unes commandant apparemment les autres.

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